Les papillons

Les rhopalocères (papillons de jour) et les hétérocères (papillons de nuit) forment le vaste ordre des papillons, ou lépidoptères (Lepidoptera) – mot issu du grec lepis (écaille) et pteron (aile). La plupart des rhopalocères européens se distinguent du reste des lépidoptères par au moins l’un des caractères suivants :

 

1)      Antennes en massue, celles des hétérocères étant habituellement fines et et filiformes (souvent avec un dimorphisme sexuel accentué).

2)      Contrairement aux rhopalocères (sauf exceptions), les hétérocères ont un appareil de couplage alaire solidarisant l’aile antérieure avec la postérieure en vol.

3)      Les rhopalocères se tiennent au repos (le plus souvent) avec les ailes en contact redressées verticalement au-dessus du corps, tandis que les hétérocères disposent le plus souvent celles-ci sur un plan à peu près horizontal, l’antérieure recouvrant la postérieure.

4)      La période de vol est essentiellement restreinte aux moments ensoleillés, ou au moins par temps clair, tandis que la plupart des hétérocères sont nocturnes (ceux à vol diurne se distinguent à leurs antennes et à la position de repos).

 

 

Anatomie externe des rhopalocères 

La tête, dont la mobilité est fort restreinte, possède deux gros yeux composés permettant une vision quasi panoramique, mais d’acuité restreinte. Les yeux sont cependant sensibles aux mouvements dans le champ visuel. Le front est situé entre les yeux et porte souvent une touffe de poils. La trompe, qui tient lieu de bouche, est enroulée, elle est constituée de deux gouttières accolées formant un canal servant à aspirer les liquides nutritifs. Les palpes l’entourent, ces organes paires articulés sont sensoriels. Les antennes en massue, organes sensoriels importants, saillent de la partie supérieure de la tête, entre les yeux. Le thorax prolonge la tête. Il porte deux paries d’ailes et trois de pattes. Chez certains groupes, la première paire de pattes est atrophiée et non fonctionnelle. Elle peut passer inaperçue sans examen attentif. Toutes les pattes fonctionnelles sont articulées, avec fémur, tibia et tarse. La structure de ce dernier varie, mais il se termine normalement par une paire de griffes. Les organes olfactifs se rencontrent sur les antennes, les palpes, la tête (dont la trompe à et les pattes. Par rapport à la tête et au thorax, l’abdomen est mou et davantage flexible. Il contient les organes de la digestion et de la reproduction. L’abdomen de la femelle contenant les œufs est d’ordinaires plus volumineux que celui du mâle. Les genitalia mâles sont souvent utilisés pour la distinction et la détermination des espèces. Toutefois la structure de ces organes internes n’est pas bien représentée sans illustration, et il n’y est fait mention ici que lorsque les autres caractères font défaut.

 

Les androconies sont des écailles spécialisées diffusant des substances sexuelles chimiques issues de glandes. Le mâle les utilise lors de la parade nuptiale. Ces écailles ont généralement une forme bien différente des autres, souvent avec une touffe fibreuse apicale. Les androconies peuvent être disséminées parmi les écailles ordinaires, ou groupées par plages bien nettes : ces taches androconiales sont souvent situées à la face supérieure de l’aile antérieure. Chez quelques espèces, elles sont situées dans une sorte de poche formée par un repli de la membrane costale de l’aile antérieure.

 

Une écaille alaire normale est une toute petite plaque chitineuse dotée d’un minuscule pédicelle basal qui sert à l’insertion sur la membrane de l’aile. Les écailles alaires sont d’ordinaire pigmentées, mais les couleurs métalliques des cuivrés et autres lycènes sont essentiellement  optiques (phénomène de diffraction de la lumière). Le même phénomène est à l’origine de l’irisation d’une pellicule d’huile sur l’eau. Les couleurs de ces dessins sont dépendantes de l’angle de vision, ce qui explique, par exemple, que le reflet violet du grand mars changeant n’est pas visible sur les deux ailes à la fois. L’irisation verdâtre ou cuivrée subtile de nombreux satyres provient du même phénomène.

Les ailes sont de première importance pour l’identification des papillons et, pour faciliter la description de l’ornementation, leur surface a été conventionnellement divisée en régions distinctes (fois Fig. 2 et 3 ci-contre). La notation et la terminologie des nervures est standard. Bien que la délimitation des aires alaires adjacentes soit parfois arbitraire, la confusion n’est pas possible : ainsi qu’une rangée de points soit mentionnée comme « potdiscale » ou  « submarginale » n’a pas de conséquences s’il n’y a pas d’autres dessins dans la région concernée.

La notation utilisée pour les nervures et les espaces internervuraux est explicite, elle permet de s’adapter à de légères différences de nervation entre familles sans devoir altérer le système de notation. Ainsi, quand une ou plusieurs nervures partant en ramification de la subcostale de l’aile antérieure (n7, n8, n9) manquent, l’espace situé au-dessus de la n6 est toujours nommé espace 6. Dans le cas des Papillionidae, ou n1 manque à l’aile postérieure, n1b devient n1, et les espaces du dessus et du dessous n1 deviennent s1a et s1. Une (ou davantage) des trois nervures discoïdales de l’aile postérieure peuvent manquer, la cellule est alors dite « ouverte ». Chez un papillon de collection, les détails les plus fins de la nervation sont rendus plus perceptibles en humectant l’aile avec de l’alcool absolu : l’aile est momentanément translucide sans que l’écaillure soit altérée (bien aérer la pièce car ce produit est inflammable).

Le cycle biologique des papillons.

Œuf, chenille, chrysalide et imago (adulte) sont les quatre stades distincts du cycle biologique. Ce remarquable processus de transformation constitue les métamorphoses.

L’œuf est d’ordinaire pondu sur la plante sur laquelle la chenille se développera ensuite. Sa forme et son aspect varient beaucoup, il peut être lagéniforme, discoïde, sphérique, en dôme, selon la famille à laquelle il appartient. Le stade de l’œuf dure quelques jours, quelques semaines, plusieurs mois si l’hivernage a lieu à ce stade. Le développement de la chenille passe par des stades larvaires liés aux mues nécessaires à la croissance. La majorité des espèces européennes hivernent à ce stade Selon les familles, la forme de la larve, sa couleur et son ornementation, ainsi qu’une vaste gamme d’éthologie, correspondent à des stratégies de survie distinctes : on constate une adaptation semblable chez la chrysalide, stade d’hivernage de nombreuses espèces.