Bien connus, les scorpions peuplent les régions arides et chaudes du globe. Une espèce méditerranéenne, Euscorpius flavicaudis, se rencontre parfois vers le nord jusque dans le Kent (Angleterre). Les pseudoscorpions se reconnaissent également bien, mais passent aisément inaperçus au sein de leur environnement – mousse, litière, sol ou habitations vétustes- en raison de leur petite taille (2-4 mm). La seule espèce d’araignée ayant une allure de pseudoscorpion est Marpissa nivoyi. Scorpions et pseudoscorpions sont des carnivores, des prédateurs actifs qui saisissent leurs proies avec leurs pédipalpes à deux mors. Les premiers sont armés d’un aiguillon qui peut neutraliser les plus grosses proies. 

Chez les acariens, les deux parties du corps ont également fusionné. Si les adultes de la plupart des espèces possèdent quatre paires  de pattes, certaines autres en ont moins, et les stades larvaires n’en montrent souvent que trois paires. Ils sont de loin les arachnides les plus nombreux, et beaucoup occupent les habitats très spécialisés (comme les trachées d’abeille). Tandis que beaucoup d’entre eux endommagent les cultures et les réserves de produits alimentaires, ou sont des parasites et transmettent des maladies aux plantes ou aux animaux, d’autres sont très utiles, par exemple en recyclant les matières organiques. 

Les Opilions (Opiliones) et les acariens (Acari) risquent davantage d’être confondus avec des araignées, tant par leur forme générale que par leur taille. 

Chez les opilions, les deux parties du corps sont étroitement resserrées, de sorte qu’on n’en aperçoit qu’une.  Les araignées montrent un corps distinctement divisé en deux parties reliées par un étroit pédicule. Les opilions n’ont que deux yeux, généralement placés sur un tubercule central et dirigés vers les côtés. Ce tubercule oculaire (ocularium) est ordinairement doté de deux alignements de dents ou d’épines. 

Les araignées ont six ou huit yeux (rarement deux), disposés de façons variées. Les mâles de certaines linyphiidae peuvent avoir une ou deux paires de ces yeux disposés sur des lobes (protubérances oculaires) 

La plupart des opilions dévorent toute une gamme d’autres arthropodes et invertébrés, y compris d’autres espèces d’opilions, d’autres arachnides, des insectes, des cloportes, de petits escargots et des lombrics, parfois même des charognes. 

Les arachnides

Araignées et groupes apparentés 

 

 

Les Arachnides ont quatre paires de pattes, même si certains acariens peuvent en avoir moins. Ils ne possèdent ni ailes ni antennes, même si les pédipalpes évoquent parfois ces dernières. Le corps n’est formé que de deux parties, lesquelles sont parfois fusionnées. Sur les onze ordres d’arachnides, cinq se rencontrent dans no région. 

Les araignées sont des arthropodes prédateurs dont les proies consistent essentiellement en insectes, même si d’autres arthropodes (dont d’autres araignées) sont également souvent consommés. Quelques espèces s’attaquent aux têtards et aux petits poissons. Certaines grosses araignées tropicales chassent aussi grenouilles et oiseaux. L’immense ensemble des arthropodes (phylum des Arthropoda, du grec poda, « pied » ou « patte » et arthro, « articulé ») regroupe plus des trois quarts des espèces animales connues. Tous ces êtres possèdent un squelette externe  (exosquelette, où les articulations sont externes et visibles) dont les caractères servent à définir les différents groupes. L’exosquelette, à base de chitine, est coriace comme une armure. 

Le corps des araignées comprend deux parties : d’une part le céphalothorax (la partie avant), fortement chitinisé, avec, au-dessus, la carapace, et, au-dessous, le sternum, et d’autre part l’abdomen (opisthosoma), qui est très souple. Les deux moitiés de ce « sandwich » sont assemblées par des membranes et des muscles, et elles contiennent les fluides, les divers organes et les muscles. Huit pattes creuses partent des flancs du céphalothorax. Si l’essentiel de l’exosquelette est rigide, les différentes membranes articulaires permettent une mobilité correcte. L’homme possède lui-même des muscles de chaque côté des articulations pour la flexion ou l’extension des différentes parties des membres. Les pattes tubulaires rigides des araignées contiennent les fluides et les muscles permettant la flexion de toutes les articulations (mais l’extension n’est possible qu’à certaines d’entre elles). En fait, deux des articulations majeures ne sont pas pourvues de muscles extenseurs, et l’extension se réalise par une augmentation de la pression des fluides due à la contraction des muscles reliant la carapace au sternum : si on compresse la carapace d’une araignée venant d’être tuée, ses pattes se déploient, sauf si leur extrémité est coupée. Un aspect plus pratique que ce mécanisme s’observe lorsque des araignées sont prises dans un piège et quand les tissus mous internes sont renflés, provoquant l’extension des pattes et des pédipalpes.

L’exosquelette ne se borne pas à fournir un support pour les muscles et les organes, il représente aussi un rempart contre les pertes hydriques. De plus, certaines de ses parties peuvent être modifiées en mâchoires, dents, genitalia complexes, arêtes et « limes » pour la stridulation, et lentilles oculaires. Une des implications importantes de l’exosquelette est l’obligation de mues (exdysis) corrélées à la croissance, et qui ont lieu périodiquement pour agrandir la carapace devenue trop petite. 

Enfin, les araignées se distinguent par la présence de filières situées près de l’apex de l’abdomen. Les opilions ne produisent pas de soie, tandis que certains acariens en sécrètent abondamment, mais celle-ci provient de glandes situées dans les palpes et non de filières.