En attendant de savoir quoi faire, j'ai tout de même allumé mon appareil photo, profitant d'en avoir un enfin immobile à me mettre sous la "lentille"... 

Pas de panique !

Les Frelons 

Mais pour le coup, j'ai estimé que lui montrer les photos et lui expliquer où c'était, suffirait largement...  

non mais oh ! 

Et puis l'un d'eux m'a repérée... puis un autre, et lorsque j'ai eu une dizaine de gros yeux rouges braqués sur moi, j'ai commencé à ne plus faire la fière... et d'un pas rapide, la main tremblante, je suis allée prévenir le paysan du coin qu'il avait un nid de frelons très actif en bordure de son champ... suffisamment près pour qu'il puisse courir un risque en faisant les moissons. Il m'a chaudement remerciée puis m'a demandé que je l'y conduise... 

Et puis voilà qu'un jour, en bordure d'un champ de maïs fraichement récolté, je repère à nouveau quelques frelons. Les suivant des yeux, je les vois entrer dans le trou d'un magnifique saule, dont le tronc à lui tout seul nous racontait des histoires. Je m'approche un peu, et n'en reviens pas de voir tant de frelons à la fois et de ne pas tout simplement prendre mes jambes à mon cou... 

Finalement, de lui-même il s'est tiré dans l'herbe et je n'ai pas eu à choisir entre peur et mauvaise conscience. 

N'empêche, je venais pour la première fois de réussir une photo de frelon et même s'il semblait à moitié groggy à cause de la chaleur, j'étais assez contente de moi.  

L'été a continué, j'ai eu droit à quelques visites et quelques clics qui commençaient à ressembler à quelque chose, mais ce qui comptait surtout, c'est que je parvenais de mieux en mieux à me contrôler... et cette victoire valait toutes les photos du monde ! 

Après les guêpes, il fallait bien que j'affronte la peur du Frelon ! Et là, ce n'était pas une mince affaire. 

Tout l'été je n'ai cessé d'en croiser. Je suis incapable de dire s'ils étaient particulièrement présents cet été ou si tout simplement je n'y prenais garde avant d'avoir un oeil particulièrement attentif à tout ce qui voletait autour de moi. 

Quoi qu'il en soit, leur gros bourdonnement, leur vol rapide, sacadé, leur taille souvent impressionante, jusqu'à cette tête rouge qui symbolise la douleur et le mal... Pas une seule fois je n'ai été à l'aise en leur présence. Il m'est même arrivé une fois d'écourter une balade, sous un soleil pourtant radieux, parce qu'ils étaient trop nombreux à se partager le même terrain que moi. 

J'ai tenté à maintes reprises de les photographier, et j'ai ramené des centaines de photos loupées avec une vague tache jaune qui passe en haut à droite de la photo, ou un truc vaguement jaune et rouge qui semble voler au-dessus d'une fleur. Impossible de savoir exactement ce que je trafiquais avec mon appareil, à croire que je fermais les yeux... pas impossible d'ailleurs ! 

Et puis, j'en ai croisé un lors d'un après midi étouffant, qui semblait à moitié k.O. sur le bas côté d'une route de campagne. J'hésitais à le pousser avec un baton afin qu'il ne se fasse pas écraser par la première voiture, mais je tremblais à l'idée qu'il prenne ça pour une agression et me fonce dessus.